Que dieu te bénisse et te fasse le nez comme j'ai la cuisse
Expression héritée de la bien-nommée « Tata », qui disait ceci en lieu et place du classique « à tes souhaits ».
Notons que, selon Aristote, on salue lorsqu’on éternue parce que l’éternuement part du cerveau, siège de l’intelligence et de l’esprit.
C’est Pierre Augustin Caron De Beaumarchais, écrivain du 18ème siècle, qui est à l’origine de cette citation. Voici un extrait de son « Barbier de Séville » (acte III), reprenant un débat entre le docteur Bartholo et Figaro…
Bartholo : Venez-vous purger encore, saigner, droguer, mettre sur le grabat toute ma maison ?
Figaro : Monsieur, il n’est pas tous les jours fête ; mais, sans compter les soins quotidiens, Monsieur a pu voir que, lorsqu’ils en ont besoin, mon zèle n’attend pas qu’on lui commande…
Bartholo : Votre zèle n’attend pas ! Que direz-vous, monsieur le zélé, à ce malheureux qui bâille et dort tout éveillé ? Et à l’autre qui, depuis trois heures, éternue à se faire sauter le crâne et jaillir la cervelle ! Que leur direz-vous ?
Figaro : Ce que je leur dirai ?
Bartholo : Oui !
Figaro : Je leur dirai… Eh, parbleu ! Je dirai à celui qui éternue : Dieu vous bénisse ! et : va te coucher à celui qui bâille. Ce n’est pas cela, Monsieur, qui grossira le mémoire.
Bartholo : Vraiment, non ; mais c’est la saignée et les médicaments qui le grossiraient, si je voulais y entendre. Est-ce par zèle aussi, que vous avez empaqueté les yeux de ma mule ? et votre cataplasme lui rendra-t-il la vue ?
Figaro : S’il ne lui rend pas la vue, ce n’est pas cela non plus qui l’empêchera d’y voir.

Il faut savoir que, dans un lointain passé, les éternuements étaient suivis de la phrase « Dieu vous assiste/aide ». Aux enfants, on souhaitait « Dieu te cresse », signifiant « Dieu te fasse croitre ».
L’expression « que Dieu te bénisse et te fasse le nez comme j’ai la cuisse » serait une variante de ces souhaits ancestraux, bien plus originale !
Certains ajoutent même « et le menton comme j'ai le croupion ! » (vu sur Internet).
Voici une petite histoire, piochée également sur le net, usant moult expressions…
- Je ne sais à quelle sauce tu as mangé ce poisson, mais avec ta langue de vipère, tu gueules comme un putois !
- Cristi rototo ! Par la vertu d’un oignon ! On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Alors tête de mule, cesse ta langue de bois et de chercher la petite bête.
- Quelle humiliation de se faire ainsi baiser le babouin. Je ne suis pas à cheval sur les principes, mais ce coup de pied en vache pour enculer les mouches, je m’en souviendrai.
- Diantre ! Tu es comme les canes, toujours le bec en l’eau, tu bois à tout moment. Tu ne deviendras quelqu’un que si les petits cochons ne te mangent pas. Tu n’es qu’un faible et un avare, un Jocrisse qui mène les poules pisser.
- Arrêtez de crier au renard en vous moquant de moi, je ne suis pas chien mais y’a pas de bon Dieu pour les poules et qui se fait brebis, le loup le mange !
- Il vaut mieux glisser du pied que de la langue mais par ce froid de canard, je suis chienne chaude et bête comme un dindon alors je saute du coq à l’âne et vous jaspine bigorne en vous disant : cette histoire n’est qu’un grain de mil à la bouche d’un âne mais elle m’a mis la puce à l’oreille, alors en tout bien et en tout honneur, que Dieu vous bénisse et vous fasse le nez comme j’ai la cuisse !
